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Forfaits & data

Abonnement GSM illimité en Belgique : la règle des 300 Go

Cinq abonnements portent le mot « illimité » en Belgique. Trois roulent sur le même réseau, de 25 à 41 € par mois : le relevé, réseau hôte à côté de chaque prix.

ParBastien9 min de lecture

Cinq abonnements mobiles belges ont le droit d'employer le mot « illimité » au sens du régulateur, et trois d'entre eux roulent sur le même réseau. Le moins cher demande 25 € par mois, le plus cher 41 €, pour un signal rigoureusement identique. Le reste du marché vend du très gros volume sous un nom qui n'est pas le sien.

Le mot « illimité » est encadré depuis février 2022

Il n'est pas libre. En Belgique, un opérateur ne peut vendre un abonnement mobile sous le mot « illimité » ou « unlimited » que dans deux situations : soit le débit n'est jamais réduit et l'accès jamais suspendu, quel que soit le volume ; soit la réduction n'intervient pas avant 300 Go consommés dans le mois. C'est ce que fixe la communication de l'IBPT du 21 février 2022 sur les lignes directrices de l'offre d'internet « illimité », qui avait laissé six mois aux opérateurs pour se mettre en règle.

Le seuil dépend du service. Pour l'internet fixe, le régulateur retient 3 To ; pour le mobile, 300 Go. Et la première condition, celle du sans-plafond réel, n'est remplie par personne sur le marché belge : tous les abonnements dits illimités relèvent de la seconde.

Le bridage qui suit le seuil porte lui aussi un chiffre, constant d'un opérateur à l'autre : 512 kbit/s, soit un demi-mégabit par seconde, jusqu'à la fin du mois de facturation. Le compteur ne se coupe pas. Il se referme, ce qui revient à peu près au même dès qu'on veut regarder une vidéo, et c'est précisément l'usage qui pousse un abonné à franchir 300 Go.

Le régulateur a assorti sa règle d'une obligation de transparence : les opérateurs doivent indiquer clairement, et de manière accessible, ce que le dépassement du seuil signifie en pratique pour l'utilisateur. Si vous estimez qu'une publicité emploie le mot à tort, deux recours existent, l'IBPT pour le secteur télécom et le SPF Économie pour les pratiques commerciales trompeuses.

Combien d'abonnements illimités existent réellement en Belgique ?

Cinq. Le tableau ci-dessous les aligne dans l'ordre des prix relevés le 29 août 2026, avec la colonne que les comparateurs belges n'affichent jamais : le réseau qui porte réellement le signal.

AbonnementRéseau hôteData à pleine vitesseAprès le seuilPrix/mois
TADAAM IllimitéTelenet300 Go512 kbit/s25,00 €
BASE 300 GBTelenet300 Go512 kbit/s39,00 €
VOO Solo 300GBOrange300 Go512 kbit/s39,00 €
Telenet Mobile UnlimitedTelenet300 Go512 kbit/s41,00 €
Proximus Mobile UnlimitedProximus300 Go512 kbit/s49,99 €

Trois réseaux se partagent ces cinq lignes. Telenet en porte trois, sous trois marques différentes : TADAAM, sa filiale sans engagement vendue en ligne ; BASE, sa marque grand public historique ; et Telenet lui-même. Orange en porte une, VOO, dont l'activité mobile a basculé sur les antennes d'Orange après le rachat de 75 % de la société par Orange Belgium. Proximus en porte une, la sienne.

Compteur de données mobiles et paliers de volume sur fond graphite froid
Le seuil des 300 Go vient du régulateur, pas du marketing des opérateurs.

Trois offres illimitées, un seul réseau, 16 € d'écart

Voilà le chiffre de cet article.

TADAAM à 25 €, BASE à 39 €, Telenet à 41 € : trois étiquettes posées sur les antennes d'un seul et même opérateur, avec le même volume à pleine vitesse et le même bridage ensuite. Entre la première et la troisième, 16 € par mois, soit 192 € sur douze mois, sans qu'aucun mégabit de différence ne le justifie côté réseau.

Ces 192 € achètent bel et bien quelque chose, et mieux vaut le nommer que le deviner. Chez Telenet et BASE, un service client avec des boutiques, des options de pack qui combinent le mobile avec l'internet fixe et la télévision, des extras comme le report de data d'un mois sur l'autre. Chez TADAAM, une souscription en ligne, pas de boutique, pas de pack, et un positionnement de marque volontairement dépouillé. Trois choses défendables. Aucune n'est du signal.

Trois réseaux, quinze étiquettes : sur l'illimité belge, l'écart de prix se joue entre deux marques d'un même groupe, pas entre deux antennes.

Le raisonnement vaut aussi dans l'autre sens, et c'est là que le tableau devient utile. Si votre adresse capte mal le réseau de Telenet, les 25 € de TADAAM ne sont pas une bonne affaire, ils sont une mauvaise idée à bas prix. La couverture se vérifie avant le tarif, jamais après, et nous avons détaillé ailleurs comment lire l'atlas du régulateur commune par commune plutôt que la carte commerciale d'une marque.

Pourquoi deux comparateurs belges ne comptent-ils pas les mêmes offres ?

Parce qu'ils ne mesurent pas la même chose, et parfois parce qu'ils se contredisent d'une page à l'autre du même site.

Le cas de Mobile Vikings Unlimited le montre bien. En comparant les pages publiées cet été par deux comparateurs belges parmi les plus visibles sur ce sujet, on obtient quatre volumes différents pour un abonnement portant le même nom.

Volume annoncé pour Mobile Vikings UnlimitedSourceDate de la page
70 Go puis vitesse réduite, à 29 €Mon-Abonnement-Gsm, page « abonnement data illimité »22/07/2026
50 GoMon-Abonnement-Gsm, texte de la page comparative22/07/2026
300 Go puis 512 kbit/s, à 25 €Mon-Abonnement-Gsm, tableau de la page comparative22/07/2026
170 Go, à 25 €, sous le seuil IBPTSelectra28/08/2026

Les trois premières lignes viennent du même éditeur, à la même date de mise à jour. La quatrième vient d'un concurrent qui, lui, exclut explicitement Mobile Vikings de la liste des illimités au motif que 170 Go ne font pas 300. Les deux sites divergent aussi sur Orange : l'un range Mobile Unlimited parmi les offres à 300 Go, l'autre ne le fait pas figurer dans sa liste des cinq.

Nous ne tranchons pas à leur place, et nous n'avons souscrit aucun de ces abonnements pour aller voir. La seule conclusion solide est celle-ci : sur un marché où le mot « illimité » a une définition réglementaire précise, les pages qui servent de référence aux moteurs de recherche ne s'accordent ni sur les volumes, ni sur la liste des offres concernées. Avant de reprendre un chiffre lu quelque part, demandez la fiche tarifaire officielle et lisez la ligne du fair use.

Mobile Vikings a changé de réseau, les tableaux ne l'ont pas suivi

Un détail nous a arrêtés en construisant le tableau précédent, et il déborde largement l'illimité.

Mobile Vikings appartient à Proximus depuis son rachat au début des années 2020, et la marque a migré ses cartes SIM vers le réseau de sa maison mère. Les correspondances marque-réseau qui circulent encore sur les sites belges, y compris sur nos propres pages publiées en juillet, la placent souvent sur le réseau d'Orange, ce qui était vrai avant l'opération. Sur un marché où quinze marques louent trois réseaux, un rachat suffit à périmer un tableau entier sans que personne le remarque.

La conséquence pratique tient en une phrase. Si vous choisissez une marque parce qu'elle capte bien chez votre voisin, vérifiez que le rattachement sur lequel vous vous appuyez date d'après le dernier rachat, sinon vous testez la couverture d'un réseau que vous n'aurez pas.

Antennes-relais belges au crépuscule, lumière froide et halo turquoise
Quinze marques, trois réseaux : chaque rachat rend un tableau de correspondance obsolète.

Le prix du treizième mois, et parfois celui du septième

Les tarifs du tableau sont les tarifs pleins. C'est volontaire, et c'est la seule façon de comparer honnêtement des offres dont les promotions ne durent pas la même chose.

Deux exemples relevés le 29 août 2026, sur des grilles où la promotion était bien signalée. Proximus Mobile Unlimited s'affichait à 34,99 € par mois, mais pendant six mois seulement : au septième, le prix passe à 49,99 €, soit 15 € de plus, un an et demi avant la fin d'un contrat classique de vingt-quatre mois. Orange Mobile Unlimited s'affichait à 31 € pendant douze mois, contre 40 € ensuite. Chez yoin, la formule 150 Go partait à 4 € le premier mois pour remonter à 25 €, soit un rapport de un à six.

Aucune de ces promotions n'est un piège en soi, et toutes sont annoncées. Le piège est de comparer un prix d'appel de six mois avec un prix plein, ce que fait mécaniquement n'importe quel tableau trié par tarif affiché. Sur un engagement de deux ans, le prix qui compte est celui du treizième mois, ou du septième quand la promotion est courte.

Sept points à contrôler avant de signer un illimité

Aucun ne coûte d'argent, et chacun a déjà fait renoncer quelqu'un.

  • Le réseau hôte, avant le prix. Demandez sur quelles antennes tourne la carte SIM et vérifiez la couverture à votre adresse exacte, pas dans votre commune.
  • Le volume à pleine vitesse, en chiffres. Un abonnement sous 300 Go n'est pas illimité au sens du régulateur, quel que soit son nom commercial.
  • Le débit après le seuil. 512 kbit/s est la norme du marché ; faites-le confirmer par écrit plutôt que par une page de vente.
  • La durée exacte de la promotion. Six mois, douze mois, ou aucune : c'est le prix qui suit qui décide du coût réel sur deux ans.
  • L'enveloppe utilisable dans l'Union européenne. Elle est toujours plafonnée, même sur un illimité belge, et elle se déduit de votre volume national.
  • Le hors forfait au-delà du seuil. Certaines formules ralentissent, d'autres facturent au gigaoctet ; l'écart entre les deux mécaniques se chiffre en dizaines d'euros.
  • Votre consommation réelle des trois derniers mois. Elle figure dans votre espace client, et c'est le seul chiffre qui vous concerne vraiment.

Faut-il vraiment 300 Go par mois ?

Pour la grande majorité des abonnés belges, non.

Trois cents gigaoctets représentent un volume qu'on n'épuise pas par accident. Il faut un usage mobile exclusif pour s'en approcher : partage de connexion quotidien vers un ordinateur, vidéo en haute définition hors Wi-Fi tous les jours, télétravail sans connexion fixe à domicile. Dès qu'un logement dispose du Wi-Fi et qu'un bureau en dispose aussi, la consommation mensuelle d'un smartphone reste le plus souvent sous les 50 Go.

L'arbitrage se chiffre facilement. Un abonnement de 25 à 40 Go se trouve entre 5 et 7 € par mois chez plusieurs marques du marché belge, contre 25 € pour le premier illimité. Sur douze mois, l'écart dépasse 200 € pour un volume que la plupart des abonnés n'atteindront jamais. L'illimité se justifie quand le téléphone remplace une connexion fixe, et dans ce cas précis il vaut mieux regarder du côté du routeur 5G à la maison, dont les tarifs commencent nettement plus bas.

Reste le cas où l'illimité se défend sans discussion : un usage qui dépasse réellement 300 Go, une adresse bien couverte, et un besoin de ne plus jamais surveiller son compteur. Alors la question redevient simple, et c'est celle par laquelle nous avons commencé : quelle est la marque la moins chère sur le réseau qui capte chez vous.

Ni test, ni mesure : des grilles tarifaires

Nous n'avons souscrit aucun de ces abonnements et nous n'avons rien mesuré sur le terrain. Cet article aligne des grilles tarifaires publiques, une communication du régulateur et les pages de deux comparateurs belges, relevées le 29 août 2026. Les prix bougent, les promotions se terminent, et un rachat peut déplacer une marque d'un réseau à l'autre en quelques mois.

Le prix affiché, la durée de sa promotion et le réseau qui le porte : ces trois colonnes ensemble suffisent à trancher, et c'est exactement la manière dont notre classement des abonnements 5G est construit, réseau hôte affiché à côté de chaque tarif. Le comparateur permet de les trier ligne par ligne. Sur le créneau du gros volume en particulier, nous avons détaillé ailleurs le cas de l'illimité de Mobile Vikings à 25 €, dont le nom promet plus que la fiche tarifaire ne tient.

Sources : IBPT, communication du 21 février 2022 concernant les lignes directrices sur l'offre d'internet « illimité » (seuil de 300 Go en mobile et 3 To en fixe, obligation de transparence sur le dépassement) ; IBPT, espace consommateurs ; SPF Économie, protection des consommateurs (pratiques commerciales trompeuses) ; Selectra Belgique, « Internet mobile illimité en Belgique : le comparatif 2026 », mis à jour le 28 août 2026 (liste des cinq abonnements franchissant le seuil, tarifs TADAAM 25 €, BASE 39 €, VOO 39 €, Telenet 41 €, Proximus 49,99 €, volumes Mobile Vikings 170 Go, hey! 160 Go, yoin 150 Go) ; Mon-Abonnement-Gsm.be, pages « abonnement data illimité » et « comparatif data illimitée », mises à jour le 22 juillet 2026 (bridage à 512 kbit/s, promotions Proximus sur six mois et Orange sur douze mois) ; Orange Belgium, communiqué sur l'acquisition de 75 % de VOO et le transfert de son activité mobile ; relevés effectués le 29 août 2026. Pages officielles des marques citées : TADAAM et BASE. Aucun lien de cette page n'est monétisé.

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Questions fréquentes

TADAAM Illimité, à 25 € par mois au relevé du 29 août 2026, appels et SMS illimités compris. La carte SIM capte le réseau mobile de Telenet, le même que celui de BASE à 39 € et de Telenet Mobile Unlimited à 41 €. Sur ces trois offres, le signal est le même et l'écart de prix atteint 16 € par mois.

Non, aucun ne l'est aujourd'hui en Belgique. L'IBPT autorise le mot dans deux cas seulement : un abonnement réellement sans plafond, ou un abonnement dont le débit n'est réduit qu'après 300 Go. Toutes les offres du marché relèvent du second cas. Passé le seuil, la vitesse tombe à 512 kbit/s jusqu'à la fin du mois de facturation.

Une connexion qui reste ouverte mais qui ne fait presque plus rien. À ce débit, la messagerie et la navigation texte passent encore ; la vidéo, même en définition standard, réclame davantage. Vous n'êtes donc pas coupé, mais l'usage qui vous a fait dépasser 300 Go devient précisément celui qui n'est plus possible.

Pas en illimité. Dans l'Union européenne, le principe du roaming au tarif national s'applique, mais les opérateurs plafonnent le volume utilisable et la data consommée à l'étranger se déduit de votre enveloppe belge. Hors Union, l'enveloppe ne s'applique plus du tout et chaque mégaoctet est facturé à l'unité.

Bastien a passé sept ans dans le déploiement de sites mobiles en Wallonie et à Bruxelles avant de basculer côté rédaction, en 2021. Il connaît la différence entre une antenne 5G qui apparaît sur une carte marketing et une antenne qui porte réellement à travers un mur de brique. Depuis, il relève chaque mois les grilles tarifaires de Proximus, Orange, Telenet, BASE, DIGI, Mobile Vikings, Mega, hey! ou yoin, recoupe les débits avec les mesures de l'IBPT, et recalcule le prix sur 24 mois quand un opérateur affiche un tarif à 1 € la première année. Son constat : en Belgique, la 5G n'appartient qu'à trois réseaux, et la quasi-totalité de l'écart de prix entre deux abonnements identiques vient de la marque posée dessus, pas du signal. Il y a un truc qui le gêne dans les comparatifs qui classent Proximus premier sans jamais écrire qu'un forfait équivalent coûte trois fois moins ailleurs sur le même réseau.