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Prix & économies

Tarif social télécom : pourquoi le mobile en est exclu

Aucun abonnement mobile belge n'ouvre droit au tarif social. La loi autorise pourtant le mobile dans la formule à 41 €. Qui a droit, chez quels opérateurs, et quoi faire pour la ligne GSM.

ParBastien7 min de lecture

Le tarif social télécom belge ne s'applique pas à un abonnement mobile. Il porte sur l'internet fixe, il s'appelle l'offre internet sociale depuis le 1er mars 2024, et trois opérateurs seulement sont tenus de le proposer. Voici qui y a droit, à quel prix, et ce qui reste à payer plein tarif sur la ligne GSM.

Le tarif social couvre-t-il un abonnement 5G ?

Non. Aucun opérateur belge ne l'applique à une ligne mobile.

Le dispositif vise la connexion internet fixe, et visait avant 2024 la téléphonie fixe. Un abonnement 5G se paie donc au prix du marché, que vous perceviez le revenu d'intégration, la garantie de revenus aux personnes âgées ou une allocation de remplacement de revenus.

La suite mérite pourtant d'être lue, parce que la loi dit autre chose que la pratique.

Qui a droit à l'offre internet sociale en Belgique ?

Le droit s'ouvre par la situation d'un membre du ménage, jamais par l'âge seul. Il faut percevoir le revenu d'intégration ou une aide sociale équivalente prise en charge par l'État fédéral, la garantie de revenus aux personnes âgées, une allocation de remplacement de revenus fondée sur une incapacité de travail de plus de 65 %, ou une allocation pour l'aide aux personnes âgées. Un ménage ne compte qu'un seul bénéficiaire, et le SPF Économie revérifie le droit tous les six mois.

Le régulateur a mis en ligne un vérificateur officiel, offreinternetsociale.be, qui s'utilise avec une carte d'identité électronique ou itsme. Son résultat est indicatif et n'ouvre aucun droit à lui seul.

Le chiffre qui suit dit à peu près tout du dispositif. Sur la première année, plus de 52 000 personnes ont fait cette vérification, près de 23 000 ont appris qu'elles y avaient droit, et 20 722 contrats ont été signés. Rapporté aux 600 000 ménages que le législateur visait, le taux de recours tourne autour de 3,5 %.

Facture télécom papier et smartphone posés sur une table sombre, lumière froide
Le tarif social se demande à l'opérateur, pas à l'administration. C'est la première raison pour laquelle il n'est pas réclamé.

Quels opérateurs sont obligés de le proposer ?

Trois, et par un hasard utile ils couvrent chacun un réseau différent : Proximus sur son propre réseau, Telenet sur le sien, VOO sur le réseau Orange depuis le rachat de 75 % du câblo-opérateur par Orange Belgium. Les autres opérateurs peuvent proposer l'offre volontairement. À ce jour, le SPF Économie n'en compte aucun.

La géographie décide donc à votre place. Proximus commercialise l'offre partout, Telenet en Flandre et dans une partie de Bruxelles, VOO en Wallonie et dans une partie de Bruxelles. Selon la commune, il reste un candidat, parfois deux.

Autre conséquence, plus directe pour un lecteur de ce site : aucune marque qui loue un réseau ne participe. Scarlet, Mobile Vikings, hey!, Mega, yoin, BASE, DIGI, aucune ne propose de tarif social, ni sur le fixe ni sur le mobile.

Quel est le plafond réel de l'offre internet sociale ?

Trois sources officielles belges donnent trois réponses différentes, et c'est le point le plus mal documenté du dossier. Le Service de médiation pour les télécommunications annonce 19 € pour l'internet seul et 40 € pour la formule combinée, sur une page mise à jour le 5 avril 2024. Le SPF Économie annonçait 20 € et 41 € le 27 février 2025. L'IBPT, lui, ne chiffre pas et renvoie au texte légal.

L'explication tient dans une phrase de la loi du 30 août 2023 : chaque année, au 1er février, les prix maximaux sont adaptés à l'évolution de l'indice santé lissé. Les 19 € qui circulent partout sont le plafond de lancement de mars 2024, pas le plafond en vigueur, et le montant applicable aujourd'hui est mécaniquement supérieur aux 20 € relevés par l'administration en février 2025.

Le cahier des charges, lui, n'a pas bougé : 30 Mbit/s minimum en réception, 4 Mbit/s en envoi, 150 Go de volume mensuel, et 50 % de réduction sur les frais d'installation. Au-delà des 150 Go, Proximus réduit la vitesse jusqu'à la fin du mois, sauf achat de 20 Go supplémentaires à 5 €. VOO facture 1 € par tranche de 500 Mo. Deux façons de traiter le même dépassement, et aucune des deux n'apparaît sur la page d'accueil de l'offre.

Que faire pour la ligne mobile quand on a droit au tarif social ?

La formule combinée à 41 € peut légalement associer l'internet fixe à la télévision, à la téléphonie fixe ou à un abonnement de téléphonie mobile. Le SPF Économie écrivait pourtant, en février 2025 : pour l'instant, les opérateurs n'offrent que la télévision. Le mobile est donc autorisé par le texte et absent du marché.

Votre situationPrise en charge par le tarif socialL'option réelle pour le mobile
Droit ouvert, commune desservie par Proximus, Telenet ou VOOInternet fixe plafonné, TV possible en packAucune aide. Abonnement d'entrée de gamme au prix du marché
Ancien tarif social conservé depuis avant mars 2024Jusqu'à 11,50 € par mois sur le fixe et les communicationsAucune aide, et le mobile n'a jamais été couvert
Pas de ligne fixe, uniquement un GSMRienhey! 5 € (réseau Orange) ou yoin 6,50 € (réseau Proximus)
Envie de remplacer le fixe par un routeur 5GRien : l'offre exige une connexion fixeInternet 5G au tarif commercial, sans réduction
Droit perdu au contrôle semestrielTrois mois pour changer de plan ou résilierComparer avant que l'opérateur bascule le contrat à votre place

Voilà le calcul de cet article. La réduction sociale la plus généreuse jamais accordée sur une facture télécom belge, 11,50 € par mois, dépasse le prix plein de plusieurs abonnements mobiles relevés le 3 septembre 2026 : hey! à 5 € sur le réseau Orange, yoin 6 Go à 6,50 € en promotion puis 8,50 € sur le réseau Proximus, Scarlet Red à 8 € sur le réseau Proximus, BASE B-15 à 10,50 € au lieu de 15 € sur le réseau Telenet. Sur le mobile, changer d'étiquette rapporte plus qu'une aide sociale, et c'est accessible sans condition de revenus.

Sur le fixe, l'État plafonne un prix. Sur le mobile, personne ne vous protège, et l'écart entre deux marques du même réseau fait déjà le travail.

Rue résidentielle belge au crépuscule avec un pylône relais au loin
Trois opérateurs obligés, trois réseaux. Sur le mobile, quinze marques et aucune obligation.

L'ancien tarif social protégeait-il mieux ?

Sur la souplesse, oui, et le régulateur ne s'en cache pas.

L'ancien régime accordait 50 % de réduction sur le raccordement au téléphone fixe, 40 % sur l'abonnement dans la limite de 8,40 € par mois, et 3,10 € sur les communications, soit 11,50 € au total. Il s'appliquait aux personnes de plus de 65 ans, aux personnes handicapées, aux déficients auditifs, aux laryngectomisés, aux aveugles militaires et aux bénéficiaires du revenu d'intégration. Le client choisissait librement son abonnement et la réduction s'y posait. Aujourd'hui, il choisit entre deux formules imposées, avec 30 Mbit/s au minimum légal, et il perd la ligne fixe s'il ne paie pas le pack.

Le nouveau régime a un avantage que l'ancien n'avait pas : c'est un prix plafonné, donc lisible d'avance, là où une réduction en pourcentage dépend du tarif sur lequel elle s'applique. Un opérateur qui augmente ses prix ne peut pas dépasser le plafond social.

Cinq changements qui font tomber l'ancien tarif social

L'IBPT contrôle ces conditions chaque année, et la sortie est définitive : aucun retour vers l'ancien régime n'est possible depuis mars 2024.

  • Un changement de plan tarifaire, même chez le même opérateur, même vers une formule moins chère.
  • Un changement d'opérateur, y compris vers une marque du même groupe.
  • Le retrait du plan tarifaire de la commercialisation, décision qui ne dépend pas de vous.
  • Un déménagement, dès lors que l'internet fixe n'est plus fourni à la même adresse.
  • La perte des conditions légales, constatée au contrôle annuel.

Le SPF Économie ajoute deux cas à cette liste : le décès du titulaire du contrat, et l'arrivée dans le ménage d'une personne qui bénéficie déjà de l'offre internet sociale.

Nous ne souscrivons aucun de ces abonnements et nous ne mesurons rien sur le terrain : cette page recoupe des textes réglementaires, des communications d'administrations fédérales et des grilles tarifaires publiques, relevées le 3 septembre 2026. Le classement du marché mobile trié sur le prix du treizième mois se trouve dans notre classement des abonnements 5G, réseau hôte affiché à côté de chaque ligne, et se réordonne dans le comparateur. Sur la facture, nous avons détaillé ailleurs comment calculer le coût réel d'un abonnement sur 24 mois ; sur le gros volume, ce que vaut réellement l'illimité belge.

Sources : IBPT, « Tarif social » et FAQ « En quoi consistent les réductions pour les demandes introduites avant le 01/03/2024 », consultés le 3 septembre 2026 ; SPF Économie, communiqué « Offre internet sociale : près de 21.000 contrats conclus », 27 février 2025 ; Service de médiation pour les télécommunications, « Informations sur le tarif social », page mise à jour le 5 avril 2024 ; loi du 30 août 2023 modifiant la loi du 13 juin 2005 relative aux communications électroniques, articles 22 et 22/2 de l'annexe 1 ; L'Avenir, 26 août 2024, sur les conditions de dépassement de volume chez Proximus et VOO ; Selectra Belgique, fiche « tarif social », consultée le 3 septembre 2026 ; Mon-Abonnement-Gsm.be, relevé des abonnements mobiles du 3 septembre 2026. Page officielle de l'opérateur : Proximus, offre internet sociale. Aucun lien de cette page n'est monétisé.

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Questions fréquentes

Non. Le tarif social belge porte sur l'internet fixe, et avant mars 2024 sur la téléphonie fixe. Aucun opérateur ne l'applique à une ligne mobile seule. La formule combinée à 41 € par mois pourrait légalement inclure un abonnement de téléphonie mobile, mais les trois opérateurs concernés n'y associent que la télévision.

Un ménage dont un membre perçoit le revenu d'intégration ou une aide sociale équivalente, la garantie de revenus aux personnes âgées, une allocation de remplacement de revenus fondée sur une incapacité de travail de plus de 65 %, ou une allocation pour l'aide aux personnes âgées. Un seul bénéficiaire par ménage. Le SPF Économie vérifie le droit tous les six mois.

Proximus, Telenet et VOO sont légalement obligés de proposer l'offre internet sociale. Les autres opérateurs peuvent le faire volontairement, et aucun ne le fait à ce jour. Proximus couvre tout le pays, Telenet la Flandre et une partie de Bruxelles, VOO la Wallonie et une partie de Bruxelles.

Le SPF Économie annonçait le 27 février 2025 un maximum de 20 € par mois pour l'internet seul et de 41 € pour la formule combinée, contre 19 € et 40 € au lancement en mars 2024. Les plafonds sont indexés chaque 1er février sur l'indice santé lissé, donc le montant applicable aujourd'hui est supérieur à celui de 2024.

La demande se fait auprès de l'opérateur, jamais auprès de l'administration. L'opérateur interroge le SPF Économie, qui confirme ou refuse le droit. En cas de réponse favorable, vous disposez de sept jours calendrier pour accepter l'offre, faute de quoi la demande est à refaire. Le site officiel offreinternetsociale.be permet de vérifier son droit avec sa carte d'identité électronique ou itsme, à titre indicatif.

Non. Les deux régimes ne se combinent pas et un ménage ne compte qu'un seul bénéficiaire. Passer volontairement à l'offre internet sociale est irréversible : l'ancienne réduction ne peut plus être demandée depuis le 1er mars 2024.

Le SPF Économie contrôle le droit tous les six mois et vous prévient par écrit s'il tombe. Votre opérateur vous contacte ensuite et vous laisse trois mois pour changer de plan tarifaire ou résilier. Sans choix de votre part, il bascule votre abonnement vers l'offre commerciale la plus avantageuse au vu de votre profil d'utilisation.

Il subsiste pour les bénéficiaires qui l'avaient obtenu avant le 1er mars 2024 et qui n'ont ni déménagé, ni changé d'opérateur, ni changé de plan tarifaire. Il n'est plus attribuable à un nouveau demandeur. Proximus propose désormais l'offre internet sociale, qui est un tarif plafonné et non une réduction.

Bastien a passé sept ans dans le déploiement de sites mobiles en Wallonie et à Bruxelles avant de basculer côté rédaction, en 2021. Il connaît la différence entre une antenne 5G qui apparaît sur une carte marketing et une antenne qui porte réellement à travers un mur de brique. Depuis, il relève chaque mois les grilles tarifaires de Proximus, Orange, Telenet, BASE, DIGI, Mobile Vikings, Mega, hey! ou yoin, recoupe les débits avec les mesures de l'IBPT, et recalcule le prix sur 24 mois quand un opérateur affiche un tarif à 1 € la première année. Son constat : en Belgique, la 5G n'appartient qu'à trois réseaux, et la quasi-totalité de l'écart de prix entre deux abonnements identiques vient de la marque posée dessus, pas du signal. Il y a un truc qui le gêne dans les comparatifs qui classent Proximus premier sans jamais écrire qu'un forfait équivalent coûte trois fois moins ailleurs sur le même réseau.